vendredi 12 mai 2017

ATELIER - JEUDI 18 MAI 2017

L'impeachment aux USA.
Extrait: Watergate, la démission de Richard Nixon. Août 1974. INA.
La procédure de mise en accusation, ou impeachment process, est inscrite dans l’article 2 de la Constitution américaine. Elle permet de juger et de destituer un président qui se serait rendu coupable de trahison, corruption ou « crimes et délits majeurs », notion qui n’est pas définie précisément.
C’est à la Chambre des représentants d’engager le processus (...). Si une majorité simple estime que les preuves sont suffisantes pour engager une procédure et vote pour l’adoption, un procès est alors ouvert devant le Sénat.
Pour juger le président, le Sénat n’est plus présidé par le vice-président, comme c’est habituellement le cas, mais par le président de la Cour suprême. Le procès ressemble à une procédure pénale habituelle, l’accusé est représenté par un ou plusieurs avocats. Si la majorité aux deux tiers des sénateurs juge que le président des Etats-Unis est coupable, il est destitué, et son vice-président le remplace immédiatement.
Dix-neuf procédures d’impeachment ont été lancées depuis l’entrée en vigueur de la Constitution, en 1789, majoritairement envers des juges fédéraux. Seules trois d’entre elles ont concerné des présidents des Etats-Unis.
La Chambre des représentants a voté une mise en accusation en 1868 d’Andrew Johnson pour être passé outre une procédure de nomination des hauts postes de l’exécutif qui venait d’être votée, et en 1998 contre William Clinton, pour « parjure » et « obstruction à la justice » dans l’affaire Lewinsky. Le Sénat avait ensuite acquitté les deux présidents.
En plein scandale du Watergate, la préparation d’une procédure d’impeachment a été enclenchée contre Richard Nixon en 1974. Mais elle n’a pas abouti, le président ayant choisi de démissionner.

Le nouveau gouvernement.

- Déterminer les origines partisanes de certains membres.
- Qui vient de la "société civile"?


Les élections législatives. 

Luc Rouban. "Législatives, une élection en terre inconnue", Le Monde, 2017

Hubert Bonin, "Il faudra une grande habileté à E. Macron pour maintenir le ciment d'une majorité centriste", Le Monde, 2017

Des points de vue sur l'élection d'Emmanuel Macron.
Christophe Bellon, "Emmanuel Macron, le nouveau Périclès de la République", Le Monde, 2017

Jean Garrigues, "Il y a chez Macron une référence implicite au mythe de l'homme providentiel", Le Monde, 2017

Dessins de presse.
Dessin de Chappatte, New York Times, mai 2017

Dessin de Tjeerd, Pays-Bas.

mardi 9 mai 2017

Atelier Première - Jeudi 4 mai


  • Première partie de séance : 

Alexis de Tocqueville - la notion de "passion de l'égalité", de "maître et de serviteur" dans les sociétés démocratiques contemporaines (XIXe siècle)
  • Seconde partie de séance : que faire de la "servitude volontaire" d'Étienne de La Boétie 

--> Problématique : Les hommes peuvent-ils renoncer volontairement à leur liberté dans un cadre politique ?

Document n°1 : Extrait d’Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, 1576

"Pour le moment, je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d'hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n'a de puissance que celle qu'ils lui donnent, qui n'a pouvoir de leur nuire qu'autant qu'ils veulent bien l'endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s'ils n'aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. Chose vraiment étonnante - et pourtant si commune qu'il faut plutôt en gémir que s'en ébahir -, de voir un million d'hommes misérablement asservis, la tête sous le joug, non qu'ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu'ils sont fascinés et pour ainsi dire ensorcelés par le seul nom d'un, qu'ils ne devraient pas redouter - puisqu'il est seul - ni aimer --- puisqu'il est envers eux tous inhumain et cruel. Telle est pourtant la faiblesse des hommes : contraints à l'obéissance, obligés de temporiser, ils ne peuvent pas être toujours les plus forts. […] Or ce tyran seul, il n'est pas besoin de le combattre, ni de l'abattre. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s'agit pas de lui ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner. Pas besoin que le pays se mette en peine de faire rien pour soi, pourvu qu'il ne fasse rien contre soi. Ce sont donc les peuples eux-mêmes qui se laissent, ou plutôt qui se font malmener, puisqu'ils en seraient quittes en cessant de servir. C'est le peuple qui s'asservit et qui se coupe la gorge ; qui, pouvant choisir d'être soumis ou d'être libre, repousse la liberté et prend le joug ; qui consent à son mal, ou plutôt qui le recherche...

[…] Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres ! Vous vivez de telle sorte que rien n'est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu'on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l'ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu'il est, de celui pour qui vous allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n'a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n'a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu'il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D'où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n'est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s'il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t-il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes ? Comment oserait-il vous assaillir, s'il n'était d'intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n'étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous-mêmes ? Vous semez vos champs pour qu'il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu'il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu'il en fasse des soldats dans le meilleur des cas, pour qu'il les mène à la guerre, à la boucherie, qu'il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu'il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu'il soit plus fort, et qu'il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d'indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir.

[…] Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l'ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre. Les bêtes, Dieu me soit en aide, si les hommes veulent bien les entendre, leur crient : « Vive la liberté ! ».  Plusieurs d'entre elles meurent aussitôt prises. Tel le poisson qui perd la vie sitôt tiré de l'eau, elles se laissent mourir pour ne point survivre à leur liberté naturelle. Si les animaux avaient entre eux des prééminences, ils feraient de cette liberté leur noblesse. […]" 

--> Pour approfondir la réflexion menée en classe : France Culture, émission du Gai savoir, R. Enthoven, 22.08.2015 : https://www.franceculture.fr/emissions/le-gai-savoir/discours-de-la-servitude-volontaire-la-boetie

  • Commentaires de quatre documents d'accès direct à partir de la théorie de La Boétie :


Document A : Le jeu « Fiscal Kombat », Discord insoumis (Avril 2017)  

« Le candidat de la France Insoumise lance ce vendredi soir un petit jeu vidéo dans lequel il est le héros. Son objectif : secouer les riches pour récupérer l'argent public et constituer le budget du quinquennat qu'il voudrait effectuer.
À l'approche de la présidentielle, certains concoctent des hymnes de campagne, d'autres, des clips vidéo léchés… Certain de se démarquer de la concurrence, Jean-Luc Mélenchon, lui, sort ce vendredi soir un jeu vidéo au titre prometteur: Fiscal Kombat. Ce projet, qui avait d'abord pu être interprété comme un poisson d'avril, avait bien été annoncé dans l'épisode 23 de sa Revue de la semaine, l'un des programmes phares de sa chaîne YouTube. Il se concrétise aujourd'hui sous la forme d'un jeu sur navigateur à l'esthétique «16 bits», librement inspiré du célèbre best-seller des années 1990 Mortal Kombat. Le slogan du jeu «secouez-les tous!» provient, lui, de la licence Pokémon. Une manière pour le candidat de la France Insoumise de donner suite à ses nombreux plaidoyers en faveur des jeux vidéo tout en creusant le sillon de son combat contre la fraude fiscale sous toutes ses formes. »

Source : Marc de Boni, « Fiscal Kombat : Mélenchon sort son jeu vidéo de campagne », 07/04/2017, Le Figaro, en ligne. 

Document B : « Alla irhal ya Bachar » (« Allez dégage Bachar ») : le chant d’une révolte syrienne (2011-2016)
  • Document de comparaison : Bachar Mar-Khalifé, Marea Negra, album Who's Gonna Get the Ball from Behind, 2013 : https://vimeo.com/51286733

Document C : Une forme d’eugénisme à la française (1920-1980) – « servitude volontaire » et biologie au XXe siècle : La cité-jardin Ungemach créée par Alfred Dachert, à Strasbourg, en 1929 

"Utilisant la démarche de la microstoria [=l’histoire à l’échelle d’un quartier, d’un village…], l’historien Paul-André Rosental ouvre son enquête par l’examen d’une œuvre très localisée, les jardins Ungemach (du nom d’un industriel alsacien qui les avait financés sur ses bénéfices de guerre), inaugurés en 1924 dans l’immédiate périphérie de Strasbourg. Faite de petits pavillons en style régional typique, cette cité-jardin était destinée à accueillir de jeunes couples, modestes sans être pauvres, recrutés au terme d’une sélection drastique qui reposait sur la probabilité (dûment mesurée) de leur capacité à procréer des enfants sains. Son but était donc bien de faire naître des bébés sains et non de protéger ceux qui étaient déjà nés. Le plus extraordinaire est que cette cité ouvertement eugénique ait continué à fonctionner selon les mêmes règles jusqu’au milieu des années 1980, bien qu’elle soit passée trente ans auparavant sous la gestion de la ville de Strasbourg. Jusqu’à il y a moins de trente ans, le slogan (sinon la réalité) de cette expérience reste « procréer ou déménager » […] Aussi, malgré son règlement pesant, l’œuvre trouva-t-elle toujours de nombreux candidats prêts à sacrifier un peu de leur liberté (en se soumettant, par exemple, à des visites et inspections régulières sur la tenue de leur foyer) au profit du confort qu’offraient les pavillons."

Source : Olivier Faure (historien), « Eugénisme, version française », La Vie des Idées, 13/04/2016, en ligne. 

Document D : Une position ministérielle pour la « pénalisation du client » (position de la loi de 2016)

Extrait du discours prononcé par Najat Vallaud-Belkacem, à l’époque ministre du droit des femmes, à l’occasion du début de l’examen de la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel le 29 novembre 2013 à l’Assemblée nationale : http://www.familles-enfance-droitsdesfemmes.gouv.fr/abolition-de-la-prostitution-discours-de-najat-vallaud-belkacem-devant-lassemblee-nationale/ La loi n’a été publiée au Journal Officiel que le 13 avril 2016. Elle prévoit la lutte contre le proxénétisme par la pénalisation des clients (amende de 1500 euros), la prise en charge globale des personnes prostituées (aides financières et visa de 6 mois), campagnes de sensibilisation…

 


 

samedi 29 avril 2017

ATELIER EN TERMINALE - JEUDI 4 MAI 2017

La notion de front républicain.

- Le Front populaire de 1936 : une préfiguration du Front républicain ?

- L'origine de l'expression « Front républicain » : les législatives de 1956.
- Nicolas Lebourg. Le front républicain est un mythe. Slate. 2014.




Une relecture de la constitution de la V° République s'annonce? Patrick Weil. E. Macron présidera la République mais ne gouvernera pas la France. Le Monde. 2017

Charles Wyplosz. Cafouillage sur l'euro. Telos. 2017

Jean-Yves Camus, Le programme de Marine Le Pen va vers la démocratie illibérale que développe Viktor Orban en Hongrie, Le Monde, 2017.

Documents d'entraînement à l'oral.





vendredi 21 avril 2017

Atelier du 20 mars - Groupe des élèves de terminale

[1 élève en raison des voyages scolaires]

Partie n°1 : Aide personnalisée à la préparation de l'oral d'admission à partir de différents sujets de culture générale.

Partie n°2 : Sujet de réflexion - Que faire de la « servitude volontaire » (E. La Boétie) en période d'élection présidentielle ? Aspects philosophiques, historiques et politiques.

Document n°1 : Extrait d’Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, 1576. 


"Pour le moment, je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d'hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n'a de puissance que celle qu'ils lui donnent, qui n'a pouvoir de leur nuire qu'autant qu'ils veulent bien l'endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s'ils n'aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. Chose vraiment étonnante - et pourtant si commune qu'il faut plutôt en gémir que s'en ébahir -, de voir un million d'hommes misérablement asservis, la tête sous le joug, non qu'ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu'ils sont fascinés et pour ainsi dire ensorcelés par le seul nom d'un, qu'ils ne devraient pas redouter - puisqu'il est seul - ni aimer --- puisqu'il est envers eux tous inhumain et cruel. Telle est pourtant la faiblesse des hommes : contraints à l'obéissance, obligés de temporiser, ils ne peuvent pas être toujours les plus forts. […] Or ce tyran seul, il n'est pas besoin de le combattre, ni de l'abattre. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s'agit pas de lui ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner. Pas besoin que le pays se mette en peine de faire rien pour soi, pourvu qu'il ne fasse rien contre soi. Ce sont donc les peuples eux-mêmes qui se laissent, ou plutôt qui se font malmener, puisqu'ils en seraient quittes en cessant de servir. C'est le peuple qui s'asservit et qui se coupe la gorge ; qui, pouvant choisir d'être soumis ou d'être libre, repousse la liberté et prend le joug ; qui consent à son mal, ou plutôt qui le recherche... […] 
Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres ! Vous vivez de telle sorte que rien n'est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu'on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l'ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu'il est, de celui pour qui vous allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n'a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n'a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu'il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D'où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n'est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s'il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t-il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes ? Comment oserait-il vous assaillir, s'il n'était d'intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n'étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous-mêmes ? Vous semez vos champs pour qu'il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu'il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu'il en fasse des soldats dans le meilleur des cas, pour qu'il les mène à la guerre, à la boucherie, qu'il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu'il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu'il soit plus fort, et qu'il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d'indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir."

Quelques éléments de réflexion dans l'émission "Le Gai savoir" sur France Culture, émission du 27/04/2015 : https://www.franceculture.fr/emissions/le-gai-savoir/discours-de-la-servitude-volontaire-la-boetie 
 
Document n°2 : Texte complémentaire de la journaliste Anne-Cécile Robert, « La stratégie de l’émotion », Le Monde diplomatique, février 2016 : https://www.monde-diplomatique.fr/2016/02/ROBERT/54709

jeudi 23 mars 2017

Atelier du jeudi 23 mars - groupe de 1re

Séance animée par MM. Ettien-Chalendard et Courvoisier, et consacrée à la Semaine de la Presse et des médias.

Les élèves ont mené une réflexion sur la presse papier et numérique à travers des ateliers consacrés à différents thèmes :
- l'histoire de la presse depuis la Révolution Française
- la liberté et l'indépendance de la presse en France et dans le monde
- presse papier vs. contenus numériques
- presse, publicité et financements
- presse d'opinion
- le dessin de presse

dimanche 19 mars 2017

Atelier Sciences Po - Groupe des élèves de terminale - 16 mars

La séance avec les élèves de Terminale (4 présents) a débuté avec un premier retour sur les oraux d'admissibilité, sur les questions posées lors de l'oral, les difficultés rencontrées, etc.

Partie n°1 de l'atelier : Passage à l'oral d'Alexi L. sur "le fichier TES" (40min) : État, démocratie et enjeux du numérique

Élargissement de la discussion aux rapports entre État et libertés individuelles, notion d'État libéral, d'État sécuritaire... 
Quelques points abordés durant la discussion :
  • Rappel des dystopies autour de la perte des libertés individuelles face à la construction d'un État autoritaire dans quelques romans célèbres (1984 de G. Orwell, Nous autres d'I. Zamiatine, Le meilleur des mondes d'A. Huxley). 
  • Le lien entre communication des données individuelles et le "Discours sur la servitude volontaire" de La Boétie (1576) : pourquoi accepterait-on de livrer des données personnelles ? Est-ce utile ? Est-ce légitime ?
  • Comment la démocratie peut-elle se réapproprier ses données personnelles sur internet (revente à des entreprises privées, publicités ciblées...) ?
  • Rôle du numérique dans les campagnes présidentielles et risques (ex. hackers russes dans la campagne de Clinton, dans la campagne française...)
-> Pour faire (rapidement) le point sur le fichier "TES" : https://www.franceculture.fr/emissions/le-numerique-et-nous/megafichier-les-questions-que-pose-encore-le-fichier-tes 

-> Émission sur les rapports entre littérature et fiction politique : https://www.franceculture.fr/histoire/aldous-huxley-je-suis-terrifie-de-voir-mes-propheties-realisees 

Partie n°2 de l'atelier :  "Démocratie, démocraties : un "gouvernement du peuple" est-il souhaitable ?" (1h15)
Honoré Daumier, "Le Ventre législatif. Aspects des bancs ministériels de la chambre improstituée de 1834", Lithographie, 1834, BNF.


Vocabulaire : démocratie directe (Rousseau)/démocratie indirecte (Sieyès), démocratie populaire/démocratie représentative, suffrage universel direct (1848-1958), peuple « introuvable » (Pierre Rosanvallon) au XIXe siècle, démocratie capacitaire (éducation ? armée ?), plébiscite, tirage au sort : un enrichissement de la démocratie ?, populisme(s).   

Peuple (définition du Trésor de la Langue Française) : « Ensemble des humains vivant en société sur un territoire déterminé et qui, ayant parfois une communauté d'origine, présentent une homogénéité relative de civilisation et sont liés par un certain nombre de coutumes et d'institutions communes. »


Retour sur la revue de presse de Mathieu et sur le rôle du "peuple" en politique à partir de plusieurs questions :
  • Retour sur l'image du "peuple" dans les différentes campagnes présidentielles ("Au nom du peuple" au FN, "Seul le peuple peut décider" de F. Fillon, "L'ère du peuple" de JLM...)
  • Qui doit former le "peuple" ? Qui "doit"/"peut" voter ? Cas du droit de vote des femmes, de l'abaissement du vote à 16 ans, cas du vote des étrangers aux élections (hors citoyens européens).
  •  Comment former le meilleur citoyen pour renforcer la démocratie ? Cas de l'éducation (retour sur l'ambition et les limites de l'EMC, idées autour d'une éducation politique des jeunes assurée à l'école), cas de l'armée (guerre et Révolution, service civique, JAPD...)
  • Faudrait-il/pourrait-on créer un "permis de vote" ? Retour sur la distinction entre la Constitution de 1791 (citoyens actifs/citoyens passifs,modèle du citoyen-propriétaire de Sieyès...) et la Constitution de 1793 (universalité de la citoyenneté et possibilité de naturalisation dans un contexte de guerre révolutionnaire, question de la démocratie populaire...)
  • L'héritage des différents modèles démocratiques du XIXe siècle sur notre démocratie contemporaine : démocratie plébiscitaire napoléonienne (et référendum ?), démocratie capacitaire de François Guizot dans les années 1840 (et idée d'un "niveau" pour voter).
  • Universalisme du modèle français =/= différentialisme et multiculturalisme anglo-saxon
  • D'autres modes d'action politique du peuple citoyen : le tirage au sort (origines antiques et projets actuels), la démocratie locale et populaire (ex. du budget participatif parisien), la grève, la marche (ex. marche du 18 mars des Insoumis), la pétition, les associations, les réseaux sociaux... 
Texte complémentaire n°1:
 
La démocratie populaire selon Maximilien de Robespierre (18 pluviôse An II - 5 février 1794))


Le seul gouvernement démocratique ou républicain : ces deux mots sont synonymes, malgré les abus du langage vulgaire ; car l’aristocratie n’est pas plus la république que la monarchie. La démocratie n’est pas un état où le peuple, continuellement assemblé, règle par lui-même toutes les affaires publiques, encore moins celui où cent mille fractions [=groupe] du peuple, par des mesures isolées, précipitées et contradictoires, décideraient du sort de la société entière : un tel gouvernement n’a jamais existé, et il ne pourrait exister que pour ramener le peuple au despotisme. […]
9. La démocratie est un état où le peuple souverain, guidé par des lois qui sont son ouvrage, fait par lui-même tout ce qu’il peut bien faire, et par des délégués tout ce qu’il ne peut faire lui-même.
10. C’est donc dans les principes du gouvernement démocratique que vous devez chercher les règles de votre conduite politique. Mais, pour fonder et pour consolider parmi nous la démocratie, pour arriver au règne paisible des lois constitutionnelles, il faut terminer la guerre de la liberté contre la tyrannie, et traverser heureusement les orages de la révolution : tel est le but du système révolutionnaire que vous avez régularisé.

Source : « Rapport sur les principes de morale politique qui doivent guider la Convention nationale dans l’administration intérieure de la République, fait au nom du Comité de salut public, le 18 pluviôse, l’an 2e de la République »

Texte complémentaire n°2 :
 
L’idée du « tirage au sort » : un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ?


La pratique de l’échantillon représentatif dans les prises de décision redonne au tirage au sort une place dans les régimes politiques contemporains. La diversité qu’il introduit dans les procédures contribue à renforcer la légitimité démocratique. […]

Le tirage au sort semble revenir dans des expériences politiques après avoir été éclipsé pendant des siècles. L’expérience islandaise est de ce point de vue emblématique. Après la crise économique de 2008 et la quasi-faillite du pays, la volonté de changer l’équipe gouvernementale et les règles du jeu politique s’exprime lors d’énormes manifestations de rue. […] Parallèlement, en 2009, une Assemblée citoyenne d’un millier de personnes tirées au sort et de quelques centaines de personnalités qualifiées est rassemblée à l’initiative d’associations civiques pour dégager les valeurs sur lesquelles devraient se refonder le pays. L’expérience est réitérée en novembre 2010, cette fois avec le soutien étatique, dans la perspective de l’adoption d’une nouvelle Constitution. La tâche de cette seconde Assemblée citoyenne est de déterminer, en s’appuyant sur les résultats de la première, les grands principes de la future Loi fondamentale.

Peu après, un « Conseil constituant » est élu par la population. Il est composé de vingt-cinq citoyens « ordinaires » : les 523 candidatures en compétition sont purement individuelles, les parlementaires ne peuvent se présenter et la campagne électorale est légalement réduite au minimum pour se démarquer des pratiques habituelles d’une classe politique largement discréditée. Ce Conseil travaille sur un nouveau texte constitutionnel au printemps et à l’été 2011. […] Les expériences contemporaines se singularisent en ce qu’elles pensent le tirage au sort comme moyen de sélectionner un échantillon représentatif (ou au moins diversifié) de la population, une sorte de microcosme de la cité, un mini-public qui peut opiner, évaluer, juger et éventuellement décider au nom de la collectivité, là où tous ne peuvent prendre part à la délibération et où l’hétérogénéité sociale interdit de croire que tous les individus sont interchangeables. […] Malgré ces défis, la vague actuelle d’expérimentations ayant recours au tirage au sort est significative d’une tentative d’enrichissement de la démocratie.


Source : Yves Sintomer, « Tirage au sort et démocratie délibérative, Une piste pour renouveler la politique au XXIe siècle ? », La Vie des Idées, en ligne, 05/06/2012/  

Voir également sur ce point : http://www.laviedesidees.fr/La-revolution-du-tirage-au-sort.html 






ATELIER TERMINALE - JEUDI 23 MARS 2016

Le 60e anniversaire du traité de Rome.
Ce qui reste de la primaire à gauche. Eric Treille. La primaire à gauche semble avoir échappé à ses inventeurs. Le Monde. Mars 2017.
Le débat télévisé entre 5 candidats à la présidence: intérêt et limites. Gaël Villeneuve. Les débats télévisés sont un moment d'adoubement archaïque. Le Monde. 2017

Emmanuel Macron, Valéry Giscard d'Estaing: des similitudes? Thomas Guénolé. Le "macronisme" est un nouveau giscardisme. Le Monde. Mars 2017
Bipolarisation, bipartisme: les deux termes sont-ils synonymes?
Les enseignements des élections législatives aux Pays-Bas.
La "clause Molière".


Philippe Raynaud. En France, quelle recomposition politique? Le Monde. Mars 2017.

Notions à réviser:
Démocratie directe / représentative / participative.
Populisme. Selon le politologue néerlandais Stijn van Kessel (université de Loughborough, Royaume-Uni), se définissent comme populistes les partis qui mettent en scène un peuple vertueux et homogène, défendent la souveraineté du peuple contre celle des élites, et se présentent comme les pourfendeurs d’une classe dirigeante (le fameux « système ») supposée agir contre les intérêts du peuple.

Documents d'accès rapide.











- Le référendum du président Erdogan en Turquie.
- La Corée du Nord, puissance nucléaire: quels enjeux?